Denis Imbert
Réalisateur
Originaire de Limoges, Denis Imbert s’intéresse dès l'adolescence au théâtre. Michel Bruzat, à l’époque, fait partager aux élèves du collège Corot son amour pour le sixième art, et nourrit ses disciples des plus belles proses de la littérature.
Devenu comédien, Denis Imbert passe au filtre de ses émotions les œuvres qui lui sont confiées. Mais dans les salles où il se produit, il se sent à l’étroit. Il monte à Paris. Filip Forgeau, ou Daniel Mesguich, directeur du théâtre Gérard-Philipe, lui ouvrent de nouvelles voies.
Il emprunte de nouveaux chemins et, petit à petit, se consacre au cinéma. Donner la parole à l’image. Tel est son défi ! Il touche à tous les styles. La comédie, avec Fabien Onteniente, ou Éric Judor, du duo Éric et Ramzy, le cinéma intimiste avec Jean Becker ou Laurent Boutonnat… La liste est loin d’être complète. Il travaille aussi pour le petit écran, mais là encore, il manque d’espace. Comme pour se faire la main, il réalise Vicky son premier long métrage avec Victoria Bedos, Chantal Lauby et François Berléand.
Après cette plongée urbaine et nocturne, Denis Imbert décide de se mettre au vert. Il remonte le fleuve de son enfance, se remémore les balades familiales en montagne. Ces paysages sublimes lui donnent envie de quitter les plateaux. Dès lors, la nature devient le décor principal de ses productions.
Avec Mystère, il change de dimension. "Je me suis appuyé sur une histoire vraie. Un homme qui vient de perdre son épouse décide, pour que sa fille retrouve la parole et le sourire, de s’installer dans le Cantal. Le remède est efficace. L’enfant reprend goût à la vie grâce au chiot qu’on lui a offert. Mais voilà, le canidé est un loup", explique-t-il. Ainsi naît son goût pour le cinéma naturaliste. À la lecture de Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson, il confirme que la marche et la méditation vont de pair.
Comblé par le spectacle des merveilles de la nature, il décide cette fois d’aller au plus profond de son âme. Le personnage interprété par Jean Dujardin est cerné par les grands espaces. Ils l’inquiètent autant qu’ils le rassurent. Sur la scène de l’opéra sauvage, si cher à Frédéric Rossif, Denis Imbert a trouvé sa voie et sa voix. Un ténor est né.